« La Force de Caractère : Tremplin vers la
Réalisation de Soi » - Par Elmer E.
Knowles
Partie 3 - L' autoanalyse : un détecteur de
défauts à utiliser avec soin
Les limites de
l' analyse du "Moi"
L' autoanalyse mettra à jour les
faiblesses cachées de votre caractère. Vous veillerez cependant
à ce qu'elle ne se transforme pas en observation morbide de
votre "Moi". Elle doit être accompagnée d'un désir sincère de
l' améliorer. Sans cette intention, elle est purement
statique, n'a aucune force propulsive et ne conduit à rien.
Unie à la ferme détermination de
développer un Caractère FORT, elle devient dynamique, déchire
les voiles qui dissimulent le véritable "Moi" et disperse les
nuages qui entourent votre véritable personnalité.
La réflexion profonde sans laquelle il ne
peut y avoir d' autoanalyse, est malaisée dans un lieu où
l'on est exposé à mille distractions. En dehors de ceux qui
l'ont essayé, peu d' élèves se rendent compte de la
difficulté que l'on éprouve à concentrer ses pensées sur un
sujet unique, sans les laisser s' égarer. Pour atteindre
ce résultat, le lecteur choisira une pièce où les bruits de la
vie quotidienne ne pénètrent pas.
Si vous êtes un étudiant prudent, vous
vous réserverez chaque jour, de préférence le matin ou le soir,
un moment propice au recueillement. Seul avec vous-même, vous
vous mettrez en communion intime avec votre "Moi idéal". Vous
vous efforcerez de vous analyser méticuleusement. Cette analyse
personnelle, que les religions les plus rigoureuses ont
toujours préconisée, vous permettra d' approfondir et
d' étendre votre connaissance de vous-même. Vous
rechercherez si chacune de vos habitudes est en harmonie ou en
désaccord avec l' allure générale de votre "Moi
idéal".
Mais avant de continuer plus loin, il est
utile de définir clairement ce qu'est un "caractère
défectueux".
Qu'est-ce
qu'un caractère défectueux ?
C'est le caractère de celui qui accomplit
des actes en discordance avec l' idéal inhérent à chaque
individu. Le bien ou le mal, l' honnêteté ou le
déshonneur, la moralité ou l' immoralité ne sont pas des
valeurs absolues, mais proportionnelles au degré de
développement du "Moi" intime.
Il serait intéressant que vous
recherchiez dans quelle proportion vos actes - considérés comme
les manifestations extérieures du processus mental -
s'accordent d'une façon générale avec les aspirations secrètes
du "Moi" idéal.
Les défauts du caractère sont de nature
variée et vont de la dissimulation, de la fausseté, de la
déloyauté à la possibilité du vol, du brigandage ou du meurtre.
Ils proviennent d'une ou deux causes qui peuvent être appelées
"dissociation et rationalisation". On peut inclure dans ces
deux termes tout acte faux, déshonnête, déloyal, immoral ou
criminel. Il est donc nécessaire de les étudier afin de pouvoir
les éviter.
Rationalisation et défauts du
caractère
La rationalisation consiste à rechercher
les meilleures raisons pour excuser autant que possible les
mauvaises actions. Quand un conflit s'élève entre le "désir" et
les "principes", l' esprit humain s'applique immédiatement
à trouver les raisons qui lui permettront de satisfaire le
désir, tout en laissant les principes apparemment inviolés.
Les raisons invoquées sont toujours
insuffisantes, mais elles sont généralement assez fortes pour
satisfaire la personne qui les crée et la pousser à suivre son
désir insatiable de "rationalisation".
Vous pouvez mieux comprendre ceci si vous
considérez le cas suivant, lu fréquemment dans les journaux. Un
homme commet un vol et, ayant été arrêté, justifie son acte en
expliquant qu'il a agi poussé par sa faim et celle de ses
enfants. C'est l' excuse classique : "Nécessité fait loi"
qui peut conduire à n'importe quel vol, quelle qu'en soit la
conséquence. Ceci est un exemple des diverses manifestations de
la rationalisation.
Dissociation
des idées et défauts du caractère
L'autre cause des nombreux défauts du
caractère est, ainsi que vous l'avez déjà lu, la
"dissociation".
Les êtres humains en général ne sont pas
aussi logiques et cohérents qu'ils se l'imaginent. Il existe
une tendance naturelle fréquente à placer les idées et les
croyances dans des sortes de compartiments mentaux, séparés les
uns des autres et parfaitement étanches. En un mot, à les
dissocier.
L' esprit peut donc être comparé à
une boite divisée en deux compartiments distincts. C'est grâce
à cette tendance à conserver des idées contradictoires dans des
cases séparées que nombre de personnes sont incapables de faire
face à des situations embarrassantes.
L' individu prédisposé à la
"dissociation" possède un double jeu de principes. L'un est
applicable à la vie ordinaire, l'autre est mis en réserve pour
les circonstances spéciales.
Un grand nombre de citoyens dont la vie
privée semble exempte de reproches, sont de vrais anormaux dans
d'autres domaines. À l' inverse, certains hommes
d' affaires, par exemple, dont la parole inspire une
confiance absolue et qui agissent avec la plus grande honnêteté
dans les relations commerciales, se conduisent d'une façon
scandaleuse dans leur vie privée.
Vous pouvez vous dire sans risque de vous
tromper que, quels que soient votre idéal et votre désir de le
réaliser, vous l'atteignez rarement. Vous avez
l' intuition qu'en jalousant les traits que vous admirez
chez d'autres, vous êtes soumis à la faiblesse, aux obstacles,
aux désavantages.
Soyez certain que, comme tout le monde,
vous avez des défauts de caractère. Vous essayez de vous
consoler en vous persuadant qu'ils ne sont pas aussi mauvais
qu'ils paraissent, que vous pourriez aisément vous en
débarrasser si vous le vouliez.
Cependant, dans la majorité des cas, à
moins que vous ne les déraciniez par l' analyse de votre
"Moi", ils restent ancrés en vous jusqu'à la fin de votre vie,
paralysant votre chance, amoindrissant vos facultés et vous
frustrant de vos récompenses.
Les bienfaits que procure
l' autoanalyse
L' homme connaît souvent fort bien
ses qualités, mais ignore souvent ses défauts. Il est rare
d' ailleurs qu'il reconnaisse en lui l' existence
d'une particularité désavantageuse et qu'il en parle, même à
son ami le plus intime. S'il s'obligeait cependant à un sérieux
examen de lui-même, il s'apercevrait peut-être qu'il a
jusqu'alors mené une existence qui le remplirait de honte.
Afin de vous faciliter cet examen intime,
vous allez étudier quelques-uns des défauts du caractère qu'on
rencontre le plus souvent. Il n'est cependant pas prudent de
vous étendre trop longuement sur toutes les imperfections dont
vous êtes affligé. Vous rechercherez de quelle nature sont vos
défauts, afin de pouvoir les combattre et les corriger
efficacement.
Parmi les défauts qui seront mentionnés,
il en est que vous aurez remarqué chez vos amis, alors que
d'autres vous sont applicables. Cette question
d' autoanalyse, étant essentiellement personnelle, doit
être menée avec la plus grande sincérité.
Il n'est pas nécessaire de mettre à nu
devant votre prochain les faiblesses cachées de votre
caractère. Mais il est utile que vous soyez parfaitement franc
avec vous-même. Ne cherchez pas des échappatoires, cela ne vous
sera d'aucun profit.
Prenez courage en vous persuadant que,
grâce à l' autoanalyse, l' homme moralement faible
peut devenir fort et se libérer de toutes tares, que les
vaniteux peuvent apprendre à pratiquer l' humilité, que
les incertains et les indécis peuvent acquérir la fermeté et le
zèle qui leur font défaut.
Il est prouvé que, lorsque
l' autoanalyse est employée de façon persistante à la
création du caractère, elle peut guérir toutes les tendances
mauvaises ou malsaines, qu'elles soient héréditaires ou
acquises. Mais, pour cela, il faut que vous considériez le
moindre détail.
En agissant franchement avec vous-même,
en vous efforçant de rechercher la raison logique de chacune de
vos actions, vous ne manquerez pas de trouver la réponse à
beaucoup de questions troublantes. Après un certain temps, vous
vous sentirez de plus en plus le maître incontesté de toutes
les manifestations fonctionnelles de votre personnalité
active.
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